Etre ado et faire son aliya

« Il ne fait aucun doute que les ados qui viennent en Israël font face à de nombreuses expériences difficiles, en plus du fait qu’il n’est pas facile d’être un ado en Israël, même lorsque vous êtes né ici. »

Témoignage de R.

« Je suis arrivé en Israël très jeune, de France.

La première année nous avons habité une petite implantation et la vie était très différente de ce à quoi j’étais habitué. Culture, langue, comportement entre les enfants.

A première vue, j’ai aimé cette différence. La liberté de se promener dans la ville la nuit sans peur, aller à l’épicerie après l’école, des activités à Shabbat … des choses qu’il n’y avait pas en France.

J’ai appris à parler rapidement, sans oulpan. La meilleure façon était d’essayer de parler jusqu’à ce qu’ils me comprennent, et que je les ai comprennent à mon tour.

Lorsque vous arrivez à 14 ans, il est plus facile de s’intégrer.

Je mentirais si je disais que tout était facile.

Apprendre l’hébreu était la partie la plus facile, mais s’adapter à la vie en Israël était une autre chose.

J’ai souvent souffert de moqueries à d’école à propos de mon accent, de ma façon de penser, de mes réflexions.

Je me sentais un peu seul au monde. Que personne ne me comprenait.

Pas même mes parents, étant eux-mêmes préoccupé avec leurs propres difficultés d’intégration.

J’ai chaque fois trouvé des moyens de gérer ces soucis et j’ai réussi à me faire des amis qui m’ont aidé à aller mieux au lieu de m’abattre sur moi-même.

Plusieurs fois j’ai senti que je n’avais personne pour me faire un peu d’ordre dans ma tête, j’ai tout appris sur le tas- comme par exemple le choix du lycée. Je ne savais pas ce que je voulais.

Les gens autour de moi savait exactement quelle école secondaire ils voulaient faire, et pourquoi, et ce qu’ils voulaient apprendre.

Je me suis laissé emporter par le courant et je me suis retrouvé dans l’école qui m’a accepté sans vraiment savoir si cela me convenait.

En y repensant, j’aurai pu trouver une école qui me convenait mieux à un niveau religieux et intellectuel, mais j’ai tout de même passé ces quatre ans, entouré d’amies et de bons profs et à la fin, j’ai même réussi à obtenir mon bac grâce à toute l’aide qui m’a été donnée par le ministère de l’éducation.

Le passage de la France ou de tout autre pays vers Israël est une transition difficile pour des ados. Certains disent qu’il est plus facile pour l’enfant de s’adapter (ce qui est vrai), mais un enfant ne peut pas toujours se défendre et s’exprimer comme il le souhaite. Un adulte a plus de pouvoir et de capacités.

Il ne fait aucun doute que les ados qui viennent en Israël font face à de nombreuses expériences difficiles, en plus du fait qu’il n’est pas facile d’être un ado en Israël, même lorsque vous êtes né ici.

Lorsque je vois ce que je suis aujourd’hui et d’où je viens, je peux affirmer que je suis un « succès » en tant que nouvel immigrant. J’ai fait l’armée et j’ai servi deux ans à Tzahal. J’ai même réussi à me libérer.

J’ai rencontré beaucoup d’amis en chemin qui ont également vécu cette expérience incroyable d’immigrer en Israël. C’est un droit qui n’est pas donné à tout le monde.

Chacun de nous a vécu, vie aujourd’hui et passera à l’avenir, des crises et des difficultés de nouveaux immigrants.

Mais, à chaque difficulté il y a des solutions, et à la fin de la journée, tous valent notre vie ici. »

 

Les jeunes Olim de France n’arrivent pas toujours à bien s’intégrer à la société israélienne. L’adolescence est un défi en soi, mais lorsque l’on ajoute à cela les difficultés de l’aliya, la tache devient presque impossible.

Cette vidéo donne la parole aux jeunes adolescent français

Diffusé aux nouvelles de la chaine de « כאן ועכשיו » (kan vehah’shav) le 26.7.17