Violence

Parfois, en lisant les journaux, en regardant les nouvelles ou bien juste en regardant au tour de nous, nous avons l’impression que la violence fait partie intégrante de notre vie- violence à la maison, à l’école, dans une fête, dans la rue, violence physique, violence verbale…

Mais qu’est-ce que la violence ? où se trouve la limite entre la violence verbale et la violence physique ? ou est-ce que ça nous touche toutes ces histoires ? comment se protéger ? et que peut-on faire lorsque nous en sommes victimes ?

On définit la violence par : « l’utilisation de force ou de pouvoir, physique ou psychique, pour contraindre, dominer, tuer, détruire ou endommage ».

Il existe plusieurs sortes de violence :

  • La violence physique

Les violences physiques peuvent être définies comme la brutalité d’un être humain envers un autre. Parfois, les violences physiques entrainent des marques effectives, comme les bleus, des traces de coups ou de blessures. Néanmoins, même lorsqu’il n’y a pas de trace visible à l’œil nu, la violence physique peut exister. Tout choc, bousculade ou agression qui fait entrer de façon non volontaire le contact d’un corps avec un autre peut être caractérisé de violence physique.

  • La violence verbale

C’est une atteinte aux sentiments d’autrui. Elle comprend des insultes, humiliations, des menaces d’atteinte physique, un silence afin d’ignorer, un refus volontaire de répondre.

  • La violence psychologique

La violence psychologique, dite aussi violence morale, violence mentale, ou violence émotionnelle, est une forme de violence ou d’abus envers autrui sans qu’une violence physique soit mise en œuvre directement. Elle se caractérise par le comportement moralement agressif ou violent d’un individu vis-à-vis d’un autre individu. Elle peut se manifester par des paroles ou des actes qui influencent l’autre dans ses sentiments d’être aimé ou détesté. Cette violence peut résulter en un traumatisme psychologique, pouvant inclure anxiété, dépression chronique, ou trouble de stress post-traumatique

La violence dans les relations amoureuses

Qu’est-ce que la violence dans les relations amoureuses ?

Elle peut se manifester de diverses façons :

Violence psychologique

  • Dire des choses pour mettre l’autre en colère
  • Ridiculiser ou rire de l’autre devant d’autres personnes
  • Suivre l’autre pour savoir ou et avec qui il est

Violence physique

  • Frapper ou donner des coups de poing ou de pied
  • Gifler ou tirer les cheveux
  • Pousser, bousculer, secouer ou retenir l’autre de force

Violence sexuelle

  • Embrasser, caresser, ou faire des attouchements alors que l’autre ne le veut pas
  • Tenter d’avoir une relation sexuelle alors que l’autre ne le veut pas
  • Avoir une relation sexuelle alors que l’autre ne le veut pas

Menaces de violence physique

  • Menacer de faire du mal ou de blesser l’autre, de le frapper ou de lui lancer quelques choses

 

Il existe un nombre important d’adolescents étant confrontés à ce type de violence dans le contexte de leurs relations amoureuses. Contrairement à des violences conjugales qui sont unanimement condamné dans notre pays, la violence dans les relations amoureuses est quant à elle banalisé. Très souvent, car elle n’est pas vécue comme une violence par la victime.

 

Témoignage d’Amélie.

Il était plus agé que moi, je l’avais rencontré en sortant de la fac il avait retenu le bus quand je courais pour l’attraper, il était vraiment gentil et j’avais passé une journée horrible à l’école.  Il m’a écoutée et consolée. Je le trouvais très beau en plus, il n’arrêtait pas de me flatter, me dire que j’étais jolie et que j’étais piquante… ça me changeait de tous ces mecs trop immatures de l’école. Il venait me chercher à l’école presque tous les jours et on allait manger et se balader. Le début de notre relation était vraiment magique, on se voyait tout le temps, j’allais chez lui et j’étais vraiment attirée par lui, grâce à lui je me sentais tellement bien et vivante. Il me respectait aussi, je lui avais dit que j’étais vierge et que je n’étais pas encore prête. Il m’avait dit d’accord, pas de souci, qu’il attendrait le temps qu’il faudrait. Et puis, après quelques semaines il a commencé à devenir un peu inquiet et à m’appeler 5 fois par jour. Je devais l’appeler pendant mes pauses. Mes copines me disaient qu’il était un peu obsessionnel, mais moi je leur disais qu’elles ne savaient pas ce que c’est que d’être avec un mec un vrai qui aime et qui s’inquiète vraiment. Au début, ça ne me dérangeait pas mais une fois je n’ai pas entendu mon téléphone et il m’avait appelée 30 fois au moins et comme je ne lui répondais pas, il est venu à l’école et a pris mon bras de force et m’a enlacée, j’étais un peu effrayée mais il était tellement inquiet que j’ai compris que c’était de ma faute et que c’était parce qu’il m’aimait. Et puis il a commencé à être plus impatient au lit, il voulait toujours un peu plus, il me disait : « tu verras, tu vas aimer ça » et je lui répondais que je n’étais pas encore prête, mais il insistait tellement qu’à chaque fois je le laissais faire un pas de plus alors que je n’en avais pas envie. Il insistait tellement et je n’avais plus la force de dire non. On a fini par faire l’amour alors que je n’en avais pas envie. Je ne pouvais pas lui en vouloir, ce n’est pas comme s’il m’avais prise de force, et j’ai finalement accepté après qu’il me l’ait demandé un milliard de fois. Je me sentais comme obligée d’accepter. Je me disais que j’étais trop faible et que je ne pouvais m’en prendre qu’à moi. Après qu’on ait fait l’amour je me suis mise à pleurer mais il ne comprenait pas et s’est senti agressé et m’a dit que je le rendais fou, que je ne savais pas ce que je voulais, qu’il fallait que je grandisse. Je me suis sentie encore plus mal mais je me disais qu’il avait raison que c’était moi la coupable, qu’il ne m’avait pas forcée. Et depuis ce moment la relation a empiré, je l’aimais mais il me faisait peur, j’étais sans arrêt inquiète qu’il ne s’énerve contre moi. Il me disait tout le temps que c’était moi qui n’était pas assez claire, que c’était moi qui étais une hystérique que je faisais des histoires de tout. Lorsqu’il me criait dessus parce que je ne faisais pas exactement ce qu’il m’avait dit de faire je me renfermais sur moi-même et il me disait qu’il ne criait pas c’est moi qui étais trop sensible, il avait juste une voix un peu forte et grave. A chaque fois il arrivait à me convaincre que c’était moi le problème. J’en parlais à mes amies et elles me disaient que c’était un fou, mais moi je savais qu’il n’était pas fou et je me sentais tellement coupable que je sentais que mes amies ne me comprenaient pas. Donc j’ai arrêté d’en parler et c’est devenu un cauchemar, un cauchemar qui ne se terminait pas, j’étais sa prisonnière et il m’avait convaincue que je l’étais de mon propre gré. Ce cauchemar a duré 1 ans et demi.

Aujourd’hui, j’en suis sortie et aujourd’hui je sais. Aujourd’hui je sais que parfois la violence a plusieurs visages et il est facile de s’embrouiller, y a-t-il seulement un moyen d’y voir un peu plus clair ? peut-être faudrait-il se poser la question « est-ce que je souhaite y voir plus clair ? est-ce que je suis prête à voir son vrai visage ? » après avoir répondu à cette question, parfois il suffit de laisser parler cette petite voix en vous qui vous dit que quelque chose ne va pas…