Les troubles alimentaires 

Les troubles alimentaires

 

Les principaux troubles alimentaires sont l’anorexie et la boulimie

L’anorexie

Le mot anorexie vient du grec ancien « anorexia » qui signifie « absence de désir »  et correspond au départ à une simple perte d’appétit.

L’anorexie mentale, quant à elle, est un Trouble du Comportement Alimentaire (TCA). Elle concerne très souvent les jeunes filles, commence entre 12 et 20 ans souvent par un régime pour perdre quelques kilos, et se transforme en un désir éperdu de minceur. Elle se caractérise notamment par une préoccupation importante de l’image du corps, entraînant ainsi de fortes restrictions alimentaires. En fait, lorsqu’on est anorexique, on refuse de manger en luttant contre la sensation de faim, on veut perdre du poids, même quand on est déjà maigre.

 

Les causes:

Les causes de l’anorexie ou de la boulimie peuvent être biologiques, sociales et psychologiques.

Les causes biologiques sont : les antécédents familiaux, l’anxiété et les problèmes de poids.

Sur le plan social, les causes sont : les relations familiales difficiles (surtout s’il est souvent question dans la famille de diète, d’alimentation et de poids), un manque de soutien, les valeurs véhiculées par l’entourage (par exemple le fait de juger la valeur des gens selon leur apparence physique), les sports (l’importance de la performance), les activités axées sur l’apparence et le poids (par exemple, les concours de beauté) et les pressions socioculturelles face à la minceur.

Les causes psychologiques qui favorisent le développement des troubles de l’alimentation sont : l’insécurité, une faible estime de soi, l’impression de ne pas répondre aux attentes de la société, le besoin de contrôle, la solitude, la colère, peur de la maturité, le perfectionnisme, la difficulté d’exprimer ses émotions et une hypersensibilité à l’opinion des autres.

L’anorexie mentale (aussi appelée anorexie nerveuse) se caractérise par un refus de maintenir un poids normal en fonction de l’âge et de la taille. La peur de devenir obèse incite les personnes souffrant d’anorexie à suivre des régimes très restrictifs. Elles ont parfois des épisodes de boulimie ou de purges. La perception de la réalité étant défaillante, la personne anorexique continue de se voir grosse malgré son faible poids.

 

Quand on est anorexique, on s’investit beaucoup dans le travail scolaire, et les résultats sont en général excellents. Parallèlement, on s’isole, on se détache de ses amis, on ne sort plus avec eux, on ne s’intéresse d’ailleurs plus trop à leurs sujets de conversation.

De plus, tout ce qui est lié à la sexualité ne semble pas (ou plus) nous concerner. Et surtout, l’important est de ne pas se nourrir pour ne pas grossir. Cela devient une véritable obsession. En même temps, il arrive qu’on soit dans le déni: c’est-à-dire que l’on refuse parfois de voir qu’on est malade. Quand on souffre de ce type de troubles, on a souvent une mauvaise estime de soi, le sentiment que beaucoup de choses nous échappent, alors s’il y a bien une chose que l’on maitrise ce sont les calories, les kilos qu’on ne va pas prendre. Maîtriser son corps, c’est comme maîtriser sa vie. Souvent, les relations avec les proches (les parents notamment), sont vécues comme des relations de dépendance et de persécution. En fait, la famille devient esclave de nos exigences et les relations sont focalisées autour de la prise de nourriture. C’est pour cette raison que parfois, malgré un suivi psychologique, une hospitalisation peut être nécessaire – en particulier si l’adolescent/e ne reprend pas de poids ou continue à en perdre. Elle peut être nécessaire notamment pour essayer de lui faire prendre conscience de la gravité des troubles, et pour rompre cette dépendance, c’est-à-dire couper des liens trop fusionnels avec la famille et retrouver un bien-être intérieur.

 

Les critères qui définissent l’anorexie selon le DSM IV sont :

  1. Refus de maintenir le poids corporel au niveau ou au-dessus d’un poids minimum normal pour l’âge et pour la taille.
  2. Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, alors que le poids est inférieur à la normale.
  3. Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps, influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi, ou encore déni de la gravité de la maigreur actuelle.
  4. Chez les femmes post-pubères: aménorrhée, c’est-à-dire avec absence d’au moins trois cycles menstruels consécutifs.

Lors du diagnostic, on spécifie le type d’anorexie :

  • Type restrictif : pendant l’épisode actuel d’anorexie mentale, le sujet n’a pas, de manière régulière, présenté de crises de boulimie ni recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs (laxatifs, diurétiques, lavements).
  • Type avec crises de boulimie/vomissements ou prise de purgatifs : pendant l’épisode actuel d’anorexie mentale, le sujet a, de manière régulière, présenté des crises de boulimie et/ou recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs.

L’anorexie sans maigreur, ça existe ?

Une étude en Australie a montré que certaines jeunes filles pouvaient avoir un poids normal et souffrir quand-même d’anorexie. C’est-à-dire qu’elles ont des comportements alimentaires irrationnels et sont extrêmement préoccupées par leur apparence. Elles se méfient notamment de la moindre absorption de nourriture et/ou se font vomir après avoir mangé. Ce qui est préoccupant est qu’il y aurait de plus en plus d’anorexies sans maigreur qui sont donc masquées et dont personne ne se doute. Les conséquences sont graves car dans ces cas, il y a une extrême fatigue et des répercussions sur le fonctionnement du corps comme par exemple une baisse de la fréquence cardiaque.

Si on a l’impression qu’une personne de notre entourage est dans ce cas-là, il faut alors bien faire attention à son comportement alimentaire et non se focaliser sur son apparence ou son poids.

L’anorexie mentale est une maladie dont on ne peut se sortir seul/e. C’est pourquoi il est important de se faire aider par différents professionnels de santé tels que médecins, psychologues etc.

 

La boulimie


Le mot boulimie provient du grec, boulimiôn, qui veut dire «faim de bœuf». La boulimie se manifeste par une envie hors de contrôle de s’alimenter. Peuvent ensuite suivre des périodes d’anorexie ou de graves restrictions alimentaires. Souvent, ces orgies alimentaires sont suivies par des purges comme les vomissements, ou l’usage de diurétiques et/ou laxatifs. Les purges donnent une impression de contrôle et déculpabilisent la personne face à ses excès alimentaires.

 

Les critères qui définissent la boulimie selon le DSM IV sont :

  • Survenue récurrente de crises de boulimie. Une crise répond aux deux caractéristiques suivantes :

1) Absorptions, en une période de temps limitée (par exemple en moins de 2 heures), d’une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des gens absorberaient en une période de temps similaire et dans les mêmes circonstances.

2) Sentiment d’une perte de contrôle sur le comportement alimentaire pendant la crise.

  • Comportements compensatoires inappropriés et récurrents visant à prévenir la prise de poids, tels que : vomissements provoqués, emploi abusif de laxatifs, diurétiques, lavements ou autres médicaments, ainsi que le jeûne et les exercices physiques excessifs.
  • Les crises de boulimie et les comportements compensatoires inappropriés surviennent tous deux, en moyenne, au moins deux fois par semaine pendant trois mois.
  • L’estime de soi est influencée de manière excessive par le poids et la forme corporelle.
  • Le trouble ne survient pas exclusivement pendant des épisodes d’anorexie mentale.

Une fois de diagnostic posé, on doit spécifier le type de boulimie :

  • Type avec vomissements ou prise de purgatifs : pendant l’épisode actuel de boulimie, le sujet a eu régulièrement recours aux vomissements provoqués ou à l’emploi abusif de laxatifs, diurétiques et/ou lavements.
  • Type sans vomissements ni prise de purgatifs : pendant l’épisode actuel de boulimie, le sujet a présenté d’autres comportements compensatoires inappropriés, tels que le jeûne ou l’exercice physique excessif, mais n’a pas eu régulièrement recours aux vomissements provoqués ou à l’emploi abusif de laxatifs, diurétiques et/ou lavements.

D’autres symptômes peuvent se manifester, tels que l’irritabilité, l’anxiété, sauts d’humeur, isolement, glandes salivaires enflées, caries dentaires, gencives sanglantes, hypotension, arythmie, inflammation de l’œsophage, sang dans le vomissement et complications obstétriques plus élevées.

Les traitements

 

Longtemps, seule la psychothérapie était privilégiée dans les cas de troubles alimentaires. Mais les recherches ont démontreé que la psychothérapie associée avec l’aide de professionnels en nutrition est beaucoup plus bénéfique. Avec les nutritionnistes, les personnes peuvent s’informer sur les valeurs nutritives des aliments et participer activement à leur rétablissement.

 

Une évaluation médicale complète est également recommandée. Dans certains cas, une médication telle que la prise d’antidépresseurs peut s’avérer utile.

Certains centres ou hôpitaux offrent des services spécialisés en traitement des troubles alimentaires. Ces thérapies se font en individuel, en familial ou en groupe. Parfois, l’hospitalisation est nécessaire.

 

Comment l’entourage doit-il se comporter ?

 

Le plus difficile pour une personne souffrant de troubles de l’alimentation est d’admettre le problème. Elle développe des stratagèmes qui lui permettent de cacher ses comportements destructeurs à ses proches. Par exemple, elle peut dire avoir déjà mangé, pour éviter un repas, elle préfère «grignoter» et ainsi donner l’impression qu’elle s’alimente, elle peut cacher de la nourriture, manger un peu en compagnie l’entourage et ne plus manger pour une longue période par la suite…

 

Voici quelques conseils qui peuvent être utiles :

 

  • Informez-vous sur les troubles de l’alimentation et partagez vos connaissances.
  • Exprimez vos inquiétudes sans toutefois devenir contrôlant. Ne soyez pas surpris si la personne nie son problème et surtout, ne vous laissez pas envahir par la colère.
  • Gardez en tête que le problème est beaucoup plus complexe qu’un simple rapport avec la nourriture. Vous devez donc éviter de parler diète, nourriture ou poids.
  • Ne forcez pas la personne à manger, cela ne ferait qu’augmenter les conflits.
  • Encouragez la personne à consulter un professionnel. Vous pouvez lui offrir un soutien tout au long de sa démarche, mais sans prendre le contrôle de la situation.
  • Évitez les commentaires sur les apparences physiques.
  • Ne lui dites pas de commentaires comme : «Tu sembles mieux avec quelques kilos de plus !». La personne percevra que vous jugez sa prise de poids, et que pour être «belle» elle doit être grosse.
  • Faites preuve d’empathie et ne blâmez pas la personne.
  • Puisque ces personnes ont souvent de la difficulté avec leur estime de soi, toutes comparaisons avec les autres sont à éviter.
  • Sans entrer en confrontation, n’encouragez pas les stratagèmes de la personne en faisant comme si vous y croyiez. Vous avez le droit d’émettre vos doutes face aux explications de l’autre ou d’exprimer votre désaccord.
  • Encouragez la personne à participer à des activités non liées à la nourriture.
  • Lorsque la personne accepte de consulter un professionnel de la santé, il est important de lâcher prise pour ne pas donner l’impression que vous ne lui faites pas confiance.
  • Soyez très patient, car le rétablissement peut être long. Il est donc inutile d’espérer une guérison spontanée. Il est aussi fréquent que les gens atteints de troubles alimentaires vivent des périodes de rechute.
  • Allez chercher de l’aide pour vous et vos proches. Vivre avec une personne qui souffre d’un trouble alimentaire est difficile. Les parents et amis se sentent souvent impuissants et peuvent aussi ressentir de la culpabilité ou de la colère. Il est donc important de consulter des professionnels.

 

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